Adamclisi

La cité de Tropaeum Traiani se trouve dans le périmètre de la commune d’Adamclisi, à environ 70 km sud-ouest de Constantza. Le monument triomphal est situé au nord de la commune sur Dealul Monumentului (la Colline du Monument), un plateau haut de 161 m, entouré de trois objectifs importants: l’autel conservé à présent sous la forme d’un tumulus – se trouvant a quelque 50 m vers le Nord -, le mausolée placé à 250 m du monument et la cité de Tropaeum Traiani, sur la Vallée d’Urluia, à approximativement 1,5 km Sud-est du Trophée, près de la route nationale Bucarest – Constantza. Avant d’entrer dans la commune, au km 66, on voit les murs de l’enceinte antique avec des tours de défense, restaurés dans les années 1971 – 1977.

Erigé entre les années 106 – 109, le monument devait glorifier et commémorer les victoires remportées contre les Daces et leurs alliés (Sarmates et Germains) lors de la première guerre dace. L’immense socle de pierre à toit tronconique qui soutient la statue du trophée, le stéréobate, a été conçu à la manière de l’époque, par l’architecte Apollodor de Damas. Pour la construction, on a utilisé la pierre autochtone, exploitée de la carrière de Deleni, située à environ 3,5 km du monument. La pierre de cette zone était taillée directement sur le lieu de la construction. Le blocs grands ou petits – métopes, frises, pilastres, pièces de parement – étaient dégrossis et façonnes, tan dis que les petits éclats informes formaient un immense lit de nivellement, parfaitement horizontale d’où commençaient les marches, les assises de parement et la rangée de métopes avec des pilastres. Chacune de ces rangées formait le coffrage pour faire bâtir le noyau en couches successives de pierres liées au mortier. La base du monument (crepidoma) a une hauteur de 2,07 mètres. Le tambour cylindrique (le stéréobate), sur le toit tronconique duquel s’appuie le trophée, représente la partie qui contient les éléments expressifs les plus nombreux. La bande placée à la mi-hauteur sur le tambour cylindrique est réalisée par l’ensemble décoratif – narratif formé de métopes alternant avec des pilastres bas, encadrées par les rangées de frises inférieures et supérieures. Le toit a la forme d’un tronc de cône, réalisé par assemblage architectonique, ingénieux, avec des plaques de pierre en écailles de poisson. Derrière la bande de parapet se trouve le promenoir supérieur. La tour centrale intégrée à l’emplecton continuait avec la superstructure, formée de plusieurs éléments: deux bases hexagonales, le groupe de prisonniers et le trophée. Ce dernier représente la pièce principale de tout l’ensemble – ayant la forme d’un tronc d’arbre, haut de 11,53 mètres. Bâti de deux grands blocs de pierre superposés, il donnait l’image d’une armure d’officier romain, vêtu en lorica graeca.

De l’autel funéraire militaire il y a seulement quelques pièces décoratives et des fragments d’inscription avec les noms de 3800 soldats tombés sur le champ de bataille.

Civitas Tropaeum Traiani a été construite simultanément avec le monument, se superposant sur une cité géto-dace plus ancienne. Comme d’autres cités autochtones, elle a été soumise au grand processus de romanisation. Dès le temps de Trajan, la ville s’était renfermée, grâce à sa position, au voisinage du monument, grâce aussi à tout le système de fortifications du limes danubien auquel elle s’intégrait au voisinage des grands centres de Durostorum (Silistra), Altinum (Oltina), Sucidava (Izvoarele), Sacidava (Dunarenei), Axipolis (Cernavoda).

En 170 apr. J.C., la cité a subi une destruction violente, à cause de l’invasion des  Costoboces. Les fouilles archéologiques ont mené à la constatation qu’après, elle allait se remettre et se développer sans interruption jusqu’à la moitié du IIe s. apr. J.C. On construit beaucoup d’édifices publics et privés, rues, canaux, aqueducs. L’invasion violente des Carpo-Goths à la moitié du IIIe s. apr. J.C., a frappé la ville une fois de plus. Le mur d’enceinte a été reconstruit au IVe s. au temps de Constantin le Grand et Licinus. Pendant la période romaine - byzantine, Tropaeum Traiani a bénéficié de l’essor économique, grâce à la politique des empereurs Anastasius et Iustinian. C’est la période où la localité se transforme en un important centre civil, avec une véritable explosion architecturale reflétée en édifices publics, laïcs et religieux. Au début du VIIe s. apr. J.C., les invasions des Avares, des Slaves et des Bulgares ont marqué la fin de la florissante cité romaine – byzantine.

L’enceinte et les édifices qui peuvent être visité aujourd’hui, datent de la période romaine – byzantine (IVe – VIe siècles apr. J.C.). L’entrée dans la cité se fait par la porte de l’est, le long de via principalis, de nombreux édifices publics et religieux y étant alignés: basilica forensis, basilica citerne, habitations, magasins, aqueducs, etc. A présent, les fouilles archéologiques de la cité sont concentrées surtout dans la zone de la basilique à transept de la porte Nord de la ville.

Les pièces originales du monument triomphal ainsi que les témoignages archéologiques découverts dans la cité se retrouvent dans le musée du site d’Adamclisi. Le monument triomphal a été reconstitué dans les années 1972 – 1977.

 

 

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