La cité de Capidava se trouve sur la route
qui relie Hârşova et Cernavodă, à mi – distance entre les
deux localités. Elle fait partie de la série de camps
fortifiés et de châteaux forts bâtis qu temps de Trajan, qu
début du IIe s. apr. J.-C., au cadre des mesures
d’organisation des frontières danubiennes. Le camp fortifié
situé sur la rive droite du Danube, près d’un gué de passage
sur le fleuve, a été construit par les détachements des
légions: V Macedonica et IX Claudia. Le toponyme gétique (Capidava
signifie la « cité du tournant ») confirme un habitat pré
romain, attesté d’ailleurs du point de vue archéologique,
dans un endroit si important pour la communication entre les
Gètes de Dobroudja et ceux de la Plaine de Munténie. La
position géographique de Capidava, importante
stratégiquement, a déterminé la fixation d’une station
militaire, ainsi que le développement d’un centre civil au
voisinage. L’endroit choisi pour l’édification de la
fortification était le plus convenable: un massif rocheux,
entouré de trois parts d’eau – le Danube et un fossé naturel
– ayant la forme d’une presqu’île. La forme du massif a
imposé la forme et l’orientation du castrum: un quadrilatère
orienté avec les côtés long du NO vers le SE. L’accès sur le
massif et à la cité était possible par la partie Est.
Puisque c’était une station militaire, presque cinq siècles
durant, on y a cantonné une série de corps de troupe: cohors
I Ubiorum, cohors I Germanorum (II – III siècles);
vexillatio Capidavensium, cuneus equitum Solensium et cuneus
equitum Scutariorum (IV – VI siècles).
Tout comme les autres localités situées sur
la frontière, Capidava a dû tenir tête aux nombreuses
attaques barbares. Ainsi, le castrum a été détruit par les
attaques Carpo-Gothes, de telle sorte qu’il a dû être refait
en entier. La cité refaite à cette occasion, et dont nous
admirons les ruines massives, est constituée d’un
quadrilatère (105 x 127 m), ayant des murs épais de plus de
2 m et hauts de 5 – 6 m; elle a aussi 7 tours hautes de
presque 11 m, une porte large de 2,36 m – située sur le côté
SE, une porte stratégique sur le côté vers le Danube de la
tour 1 et un port aménagé en terrasse. Le castrum a été
attaqué, détruit et refait à plusieurs reprises. Au VIe
s. apr. J.- C., après le grand incendie de la cité
fait par les Huns, quand il n’y avait peut-être plus de
possibilités suffisantes pour une réfection totale, on a
bâti un petit fort carré (60 x 60 m) qui occupait le quart
Sud de la cité. Les fouilles archéologiques ont mis au jour
le tracé du mur d’enceinte de ce fort ainsi que le fossé qui
le défendait. Au VIIe s. apr. J. – C., à la suite
des attaques Slavo-Avares, la cité est complètement détruite
et abandonnée par les restes des troupes qui surveillaient
la zone.
Par la réorganisation des frontières de
l’Empire Byzantin, Capidava revient a l’attention de
l’administration et ainsi, sur les ruines du site fortifié
romain, se constitue une cité paysanne de stratiotoi
(paysans – soldats d’une unité affectée à la garde des
frontières) qui dure jusqu’au XIe s. environ et
présente plusieurs niveaux d’habitat, ce qui correspond à
des réfections successives. La nouvelle cité était entourée
d’un mur de pierre et d’argile qui, poursuivant la trace de
l’enceinte, était double d’un fossé de défense.
Tout en suivant le tracé de visite, on
entoure la cité de l’ouest vers l’est le long mur
d’enceinte; entré dans la cité, a droite, on peut voir les
vestiges de quelques constructions d’époque romano
byzantine: dépôts, habitations, un hypocauste, etc.; à
gauche il y a le fort avec ses constructions. Vers le nord,
on peut voir les huttes féodales ou ces stratiotoi - là ont
habité et, adossée au mur d’enceinte, une basilique
chrétienne datée aux Ve – VIe siècles
apr. J. – C. Sur le plateau, devant l’entrée dans la cité on
peut visiter les thermes. Les objets d’une grande diversité
découverts dans la cité et aux alentours sont exposés dans
les salles du Musée d’Histoire Nationale et Archéologie de
Constantza.