Constantza
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Les témoignages archéologiques
ont démontré que l’apparition et la fixation des Grecs dans la
zone péninsulaire de la ville de Constantza se sont produites à
un moment donné au VIe s. av. J.C., Tomi étant
d’abord un emporium (habitation commerciale qui précède la
constitution de la colonie proprement-dite). C’est seulement à
l’époque hellénistique (IVe – Ier s. av.
J.C.), que la cité allait acquérir les attributs d’un polis.
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Pendant
cet intervalle, l’importance de la ville s’accroît par l’accumulation
des richesses qui permettent aux habitants ériger des édifices publics
et privés élégants, en pierre et en marbre, des aqueducs, etc., dont les
vestiges sont peu nombreux mais éloquents: colonnes, encadrement,
frises, fragments de chapiteaux, etc. C’est toujours à cette époque-là
que l’on édifie un mur de défense selon le modèle des cités ouest –
pontiques – Histria et Callatis – et les habitants organisent leur vie
sociale et politique d’après le modèle ionien.
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A
partir du Ier s. av. J.C., la situation géopolitique
de tout littoral ouest-pontique subit des transformations, par
l’apparition des Romains au cours des années 72-71 av. J.C.,
moment où les villes passent sous leur autorité, pour qu’elles
passent, environ 55 av. J.C., sous l’autorité du roi Burebista
(jusqu’à sa mort, en 44 av. J.C.).
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Dès
les premières années de la présence romaine, les villes grecques
allaient se constituer dans une union formée d’abord de cinq cités –
Histria, Tomi, Callatis, Dionysopolis (Balcic) et Odessos (Varna) – puis
de six cités – s’y ajoutant Mesembria (Nesebar); le siège de l’union
s’est trouvé pour peu de temps à Odessos et ensuite à Tomi. Comme une
preuve de l’importance de cette ville aux yeux des Romains, c’était
toujours à Tomi que le commandant militaire romain de la côte ouest du
Pont Euxin avait son siège. Nous pouvons détacher des références à la
vie tomitaine du début du Ier s. apr. J.C., dans l’œuvre
d’Ovide, poète romain y exilé entre les années 9 et 17 apr. J.C., à
l’ordre de l’empereur Octavian Augustus. Tomi devient ainsi le seconde
patrie du malheureux de Sulmona, qui meurt ici en l’an 17 apr. J.C.,
étant enterré, selon les sources littéraires tardives, à la porte de la
cité – ante oppidi portam. Il suit toute une série de mesures
administratives qui aboutissent à la constitution de la province Moesia
Inferior (qui coïncide, en grand, avec l’actuelle Doboudgea), en l’an 86
apr. J.C., pendant le règne de l’empereur Domitien. Au IIe s.
apr. J.C., Tomi est devenue capitale de province et allait connaître un
développement urbanistique maximal, comme nulle autre cité du Pont
Gauche à l’époque romaine. Dès le IIIe s. apr. J.C., pax
romana est troublée de plus en plus souvent par les invasions des Carpo-Goths,
ce qui apportait des préjudices considérables à la vie de Tomi, ville
que les documents de l’époque surnommait « la trop brillante métropole
et capitale du Pont Gauche ». Vers la fin du IIIe s. apr. J.C.
et pendant les siècles suivants, jusqu’au règne de l’empereur Iustinian
(527 – 565), on fera des grands efforts pour refaire le mur d’enceinte.
Les réformes de Dioclétien créent une nouvelle structure administrative,
militaire et financière de l’empire; l’actuelle Dobroudja s’appelle
dorénavant Scythia Minor, ayant sa capitale à Tomi. Dans ce contexte
historique, Tomi connaît un nouvel essor. La ville s’embellit avec de
nouveaux édifices publics et privés, l’activité portuaire s’accroît, vu
que dès le IVe s. apr. J.C., Tomi avoisinait la nouvelle
capitale, Constantinople. Combien elle était importante, la « brillante
métropole », entre le IVe s. et le VIIe s. apr.
J.C., ce sont l’Edifice Romain à Mosaïque, les thermes, ainsi que
d’autres nombreuses découvertes (monnaies, céramique, inscription,
fragments architectoniques et sculpturaux) qui nous le laissent
comprendre.
L’importance spirituelle de Tomi grandit au moment où la religion
chrétienne devient officielle dans l’empire, pendant le règne de
l’empereur Constantin le Grand (306 – 337), de nombreux évêques de la
ville (Gerontius, Theotimos, Timotei, Ioan et d’autres) étant mentionnés
dans les sources; en plan archéologique, sont attestées de nombreuses
basiliques somptueusement décorées, avec des fenêtres chantournées, des
pilastres et des chapiteaux à croix ou des rosettes.
Sur le plan
politique – militaire, les Ve – VIIe siècles apr.
J.C. ont des implications profondes dans la vie de Tomi (comme,
d’ailleurs, de toute la province); à cette époque-là, la cavalcade
difficile à arrêter des peuples migrateurs est en plein déroulement: les
Huns, les Cutrigures, les Slaves, les Protobulgares; ils provoquent la
retraite de l’administration byzantine de la province pour une longue
période. Dans ces circonstances, Tomi sera détruite et la vie deviendra
plutôt rurale. La domination byzantine en Doboudgea est ré instaurée
seulement en 971, quand l’empereur très énergique Ioan Tzimiskes (969 –
976) supprime le tzarat bulgare; le territoire situé entre le Danube et
la Mer Noire est organisé dans une thema (unité politique –
administrative) appelée paristrion, ayant la capitale à Durostolom
(Silistra).
Le long de
la période byzantine, au VIIIe – XIIe siècles,
Tomi était connue aussi sous le nom de Constantiana ou Constantia, nom
pris, semble-t-il, selon un quartier de Tomi. La dénomination de ce
quartier a été faite selon le nom de quelques dynastes de la famille
impériale du IVe s. apr. J.C. Par conséquent, le nom actuel
de Constantza, dérivé de Constantiana ou Constantia (comme les sources
byzantines ou italiennes du moyen âge nous le transmettent) ainsi que
son utilisation ininterrompue pendant des siècles, témoignent de
l’existence continue de la population autochtone, romanisée, sur le
territoire de la vieille ville et aux environs.
On continue
par la présentation du nord au sud, des principaux objectifs à visiter
de l’ancienne cité: le mur d’enceinte de la cité de Tomi, situé le long
du Boulevard Ferdinand, l’Edifice Romain à Mosaïque dans la Place Ovide,
les thermes, situées sur la falaise d’ouest, vers l’entrée dans le port,
le Quartier antique du Parc de la cathédrale; on y a découvert 12
niveaux archéologiques, recouvrant une période de presque un millénaire
d’histoire de la cité de Tomi, prouvant matériellement l’existence de
celle-ci au VIe s. av. J.C.
Les
nombreux témoignages archéologiques de l’antique Tomi peuvent se faire
voir aussi dans l’exposition du Musée d’Histoire Nationale et
d’Archéologie de Constantza, situé: 12, Place d’Ovide.
L’EDIFICE
ROMAIN A MOSAIQUE
Situé sur
la falaise SO de la péninsule de Constantza où la ville gréco-romaine
Tomi s’est constitué, à la proximité du Musée d’Histoire Nationale et
Archéologie, l’édifice à mosaïque a été découvert en 1959 à l’occasion
des travaux édilitaires. C’est un des ensembles architectoniques les
plus vastes de l’époque romaine, connus en Dobroudja. La construction
occupe trois des quatre terrasses où la falaise du port était aménagée
en antiquité. La première terrasse est située au niveau actuel de la
Place d’Ovide; elle assurait la communication avec une des places
publiques de la ville antique. Les deux terrasses suivantes
correspondent au corps principal de l’édifice, ayant la forme d’un
trapèze allongé, développé sur deux niveaux – le niveau supérieur était
représenté par la salle au pavement de mosaïque et celui inférieur par
11 pièces voûtées utilisées en tant que dépôts de marchandises. La
dernière terrasse était située au niveau des quais du port antique et
comprenait encore une série de dépôts de marchandises voûtés, couverts,
à présent, par le niveau de marche des rues.
Le pavement
de mosaïque qui recouvrait une superficie de plus de 2000 m2,
situé parmi les plus grands du territoire de tout l’empire, est réalisé
en cailloux (tesserae) de couleurs diverses: blanc, rouge, noir,
vert-bleuâtre, jaune-beige. Il se compose de deux parties distinctes: la
bordure, qui entoure la salle, formée de bandes de motifs géométriques
et végétaux stylisés, feuilles de lierre, corde simple ou triple (le
nœud de David), vagues stylisées, et la partie centrale, constituée de
cercles inserts dans des carrés merveilleusement décorés de vases
stylisés du type kantharos, armes (haches doubles, boucliers), formes
géométriques (rectangles et losanges).
Cette salle
majestueuse était utilisée en tant que lieu de réunion par les officiels
de la cité ou par les marchands qui y concluaient leurs transactions
commerciales. D’ailleurs, tout l’édifice est en relation étroite avec
l’activité qui se déroulait dans le port, fait clairement illustré par
les matériels récupérés des dépôts voûtés situés sous la salle à
mosaïque, marchandises qui constituaient l’objet du commerce maritime.
Celles-ci étaient tout d’abord les amphores ayant divers contenus
(surtout des résines végétales comme: la colophane, le mastic, la
térébenthine, le styrax, la résine de pin, utilisées dans une large
gamme d’activités), objets de fer (ancres, clous, gros clous), moules
pour des lampes à huile, ponds de balance, etc.
Bâti le
plus probablement au IVe s., cet édifice impressionnant a
subi plusieurs destruction le long des siècles suivants, le fait le plus
grave étant le tremblement de terre qui a définitivement détruit le
pavement et les voûtes, événement qui s’est produit durant le Ve
s. ou bien au début du VIe s.
Le circuit
de visite comprend d’abord la salle centrale avec son tapis de mosaïque,
où sont exposés toutes sortes de matériaux récupérés pendant les
fouilles (amphores, ancres, pièces sculpturales et architectonique,
revêtements en marbre, etc.). On peut voir aussi les 11 pièces voûtées
où se conservent aussi beaucoup d’autres objets archéologiques de
valeur, surtout des inscriptions grecques et latines de Tomi et d’autres
cités de Dobroudja.