Ville  - Citadelle de Histria

 

La cité d’Histria – la première colonie grecque du littoral Ouest de la Mer Noire et la ville la plus ancienne du territoire de la Roumanie – a été fondée vers le milieu du VIIe s. av. J.C. (l’année 657 av. J.C., selon l’historien Eusèbe), par les colons venus de Milet. La ville a connu un développement ininterrompu de 1300 ans, à commencer avec la période grecque jusqu’à l’époque romano-byzantine. A la fin du VIe s. et au cours du VIIe s. apr. J.C., la cité a été détruite par les attaques avaro-slaves et abandonnée peu à peu par ses habitants.

Restées inconnues pour longtemps, les ruines de la cité ont été examinées pour la première fois en 1914, par l’archéologue Vasile Parvan. Depuis, les fouilles archéologiques se succèdent annuellement, mettant au jour un riche matériel documentaire, qui reflète clairement la vie matérielle et spirituelle des habitants de cette cité et constituent une source importante pour la connaissance de l’histoire de la Dobroudja gréco-romaine. 

Pendant la période grecque (VIIe s. – Ier s. av. J.C.), la ville était formée de deux unités distinctes – l’acropole et l’établissement civil – chacune étant entourée par un mur d’enceinte propre. L’acropole histrienne, recouverte aujourd’hui des vestiges de la cité tardive, représentait, en fait, une zone sacre, un secteur d’importance maximale dans la vie de la ville, dédié à l’activité religieuse. Au VIe s. av. J.C., la zone était déjà bien constituée, la preuve étant les temples de Zeus et d’Aphrodite découverts ici. L’établissement civil, situé sur le plateau de l’Ouest de l’acropole, était entouré d’une enceinte de pierre dès l’époque archaïque. Les fouilles effectuées sur ce plateau ont conduit à l’identification de quelques vestiges d’habitations de la période archaïque, classique et hellénistique et de quelques ateliers céramiques. A l’époque classique, à Histria s’instaurait un régime démocratique (événement signalé par Aristote) et la ville adhérait à la Ligue maritime athénienne. Le commerce intense a permis à la ville de frapper sa propre monnaie vers la moitié du Ve s. av. J.C. Détruite à plusieurs reprises au cours du VIe s. av. J.C., la ville a été refaite chaque fois, et c’est ainsi qu’à l’époque hellénistique, on bâtit un nouveau mur d’enceinte. Il y a des témoignages épigraphiques et archéologiques qui attestent la construction de nombreux temples et d’autres édifices publics et, également des alliances avec les uns des chefs des Gètes qui peuplaient les territoires du voisinage.

Au Ier s. av. J.C., la ville passe par une période de bouleversements accrus des périls extérieurs. Nous avons des renseignements  à l’égard de la présence à Histria d’un stratège de Mitridates VI Eupator, le roi du Pont; en l’an 72 av. J.C., la cité est conquise par les armées romaines dirigées par M. Terentius  Varro Lucullus. Après une courte période où la cité est dominée par le roi Gète Burebista, ce qui suit c’est l’inclusion définitive de la ville dans les frontières de l’Empire Romain, à la suite de la campagne dirigée par M. Licinus Crassus dans les années 29 – 28 av. J.C.

Sous la domination romaine, Histria connaît une nouvelle étape de développement. Le poids de la vie économique consistait dans l’exploitation du terrain agricole environnant et dans la pêche. La cité exprime sa loyauté envers Rome par la pratique du culte impérial dès temps d’Augustus. Au IIe s. apr. J.C. la cité adhère  à la Communauté des villes ouest-pontiques (Pentapolis, devenue ensuite Hexapolis). La prospérité de la ville est documentée du point de vue archéologique par les vestiges du mur d’enceinte élevé au début du IIe s., et par certaines constructions publiques parmi lesquelles on peut remarquer les deux édifices thermaux. Vers le milieu du IIIe s., à la suite des attaques carpo-gothes, la ville subit une destruction violente Une nouvelle période de reconstruction est attestée par le mur tardif d’enceinte, qui restreint sévèrement la superficie fortifiée de la ville à 7 ha seulement.

L’époque romano-byzantine (IVe – VIe siècles) ne reflètent plus l’éclat d’autrefois, mais l’habitat à l’abri et en dehors de l’enceinte est très bien documenté. Les monuments les plus nombreux visibles aujourd’hui datent de cette période. On y remarque surtout les basiliques chrétiennes (on en a découvert cinq, inclusivement un grand édifice situé au centre de la cité et dont le caractère épiscopal est certain) qui reflètent l’intense vie religieuse de cette époque où le christianisme était devenu religion d’Etat.

Les fouilles archéologiques ont mis au jour de nombreux monuments inclus dans le circuit de visite de la cité. Ce qui est remarquable c’est l’enceinte romaine tardive, avec la porte principale et les tours de défense. A côté de celle-ci, on peut visiter les deux édifices thermaux et une série d’édifices publics de la période romano-byzantine construits à l’abri de l’enceinte tardive: trois basiliques civiles et quatre basiliques paléochrétiennes, places publiques, magasins, quartiers de logement ayant un caractère résidentiel (Domus) ou économique. Les fouilles ont offert aussi un riche matériel archéologique (fragments architectoniques remarquables, sculptures, inscriptions, matériaux de construction, céramique grecque et romaine, verrerie, pièces en métal, etc.), exposé dans le grand musée de la cité.      

 

La Réservation Ornithologique Histria – Sinoe

 

Le complexe lacustre Razelm – Sinoe est représenté par le sous-complexe Sinoe, constitué des lacs Sinoe, Istria, Nuntasi, Tasaul, avec une superficie de 16500 hectares. 

Le paysage lacustre extrêmement pittoresque, unique dans notre pays, de même que la réservation naturelle ”Cheile Dobrogei”, située dans le cours inférieur du ruisseau Casimcea  (285 ha), font de cette région un trésor inestimable du point de vue géologique, historique et botanique (572 espèces identifiées).

 

Les détails ici: www.primaria-harsova.ro

 

 

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