Mangalia
Sur les
ruines de l’ancienne ville grecque Callatis se trouve, à présent, la
ville de Mangalia, à 44 km au sud de Constantza. Les raisons de la
fixation des Grecs dans cet endroit s’expliquent par le climat, le
relief ; les possibilités d’aménager un port, etc. Colonie des Grecs
venus du centre mégarien l’Héraclée Pontique a été fondée, probablement,
à la fin du VIe s. av. J.C., comme l’historien antique
pseudo-Skymnos nous le relate. La ville de Callatis est connue cous ce
nom plus tard aussi, dans les œuvres de quelques écrivains antiques tels
Ptolémé, Strabon, Memnon, et celle du poète Ovide. C’est seulement au IVe
s. av. J.C. que la ville parvient à un apogée économique, social et
politique remarquable; les preuves en sont les ateliers monétaires, les
propres ateliers artisanaux spécialisés, certaines construction et
sculptures monumentales. La période hellénistique allait être
bouleversée, situation qui devait beaucoup diminuer les possibilités
locales. Les époques romaines et romano-byzantine ont représenté autant
de nouvelles étapes importantes dans l’évolution de la ville de
Callatis, intégrée du point de vue militaire, économique et politique
dans le système de l’Empire Romain et puis de l’Empire Romano-Byzantin.
Les vestiges de la cité de Callatis ont attiré l’attention des
archéologues dès le début du XXe s. (P. Polonic, D.M.
Teodorescu, O. Tafrali et Th. Sauciun-Saveanu). Les fouilles
archéologiques ont mis au jour des monuments architectoniques et
sculpturaux importants de la vieille ville, dans ses différentes étapes
d’habitat.
Le mur de défense entourait toute la superficie importante de la ville,
chose habituelle pour tous les centres commerciaux et politiques de
l’Antiquité. A Callatis, il y a eu deux enceintes: la première, bâtie
probablement à la fin du IVe s. et la deuxième au IIe
s. apr. J.C., au moment où l’Empire Romain s’implique sur le littoral
ouest du Pont Euxin. Le mur a une longueur de 370 mètres; complètement
découvert, il commence de la mer et continue jusqu’à la proximité de la
chaussée Constantza – Mangalia; il a deux côtés bâties en blocs taillés
de calcaire, liés au mortier de chaux. De place en place, le mur avait
des tours de défense; on connaît bien, aussi, deux portes de la cité:
une sur le côté ouest et l’autre sur le côté sud. Malgré les quelques
réparations, le mur a assuré la défense de la cité jusqu’au début du VIIe
s. apr. J.C., quand l’aspect de vie urbaine cesse.
Le port pouvait être encore vu à la surface de la mer même au début du
XXe s. A présent, ses ruines sont couvertes par les eaux de
la mer mais on peut les identifier le long d’environ 80 mètres.
Comme les murs de la cité ne renfermaient pas toute la superficie
habitée, il y avait aussi un quartier extra-muros vers l’ouest et vers
le sud, à l’époque hellénistique ainsi qu’à l’époque romaine.
Les cimetières de la cité se trouvaient au nord, dans l’extrémité ouest
de Mangalia d’aujourd’hui. La première nécropole d’époque grecque, qui
date dès IVe – IIe s. av. J.C., contient des
tombeaux importants et variés par le rituel, ce qui indique parfois une
stratification et une hiérarchie sociale claire. Un des tombeaux les
plus importants de la nécropole est celui « à papyrus », découvert en
1959 et construit en grands blocs de pierre calcaire taillés, couverts
de trois dalles de pierre. Dans la terre qui couvrait la tombe, on a
trouvé des vases grecs à vernis noir, avec des ornements de palmettes.
Dans le tombeau on a trouvé les restes d’un papyrus écrit en grec. La
deuxième nécropole est d’époque tardive (IVe – Ve
s. apr. J.C.). La plupart des tombeaux sont construits en dalles ou
blocs de pierre taillée, couverts de 2 – 4 dalles de pierre. La
nécropole tumulaire peut être identifiée vers le nord, l’est et l’ouest
de la nécropole antérieure. On a découvert aussi, entre Mangalia et le
village 2 Mai, trois grands tombeaux bâtis en pierre. Le premier a été
identifié au-delà du lac; c’est le soi-disant tombeau scythe. Le
deuxième a été trouvé à l’extrémité sud de Mangalia et le troisième dans
la partie ouest du village 2 Mai, dans une butte qui domine la zone
environnante. Ces tombeaux auraient pu appartenir à des chefs
autochtones, d’origine thraco - gète ou scythe.
A présent, on
peut visiter ces vestiges archéologiques: le mur d’enceinte, la
basilique syrienne, le tombeau à papyrus, etc., de nombreux témoignages
de l’antiquité se trouvant aussi dans les vitrines du Musée Callatis.